Virginie Thevenet Contact @

Jeux d'artifices

Avec Myriam David, Gael Seguin, Ludovic Henry, Andrée Putman, Arielle Dombasle, Claude Chabrol, Etienne Daho, Virginie Thevenet
Festival de Berlin, de Tokyo, de Barcelone, Prix d’interprétation Myriam David Festival de Turin

On connaît le conseil de Cocteau : planter son chevalet devant les chefs-d'oeuvre. Virginie Thevenet semble avoir pris le poète au mot avec cette « relecture » des « Enfants terribles ». On y retrouve je couple d'adolescents abandonnés qui périront de jalousie inavouée, les prestiges imprécis de la sensualité, des déguisements, des mots de passe et des provocations à l'insolence exquise... Mais le ton, lui, est bien celui de Virginie Thevenet qui rejoue en plus grave les atouts de « La Nuit porte-jarretelles ». D'abord l'innocence charmeuse d'une caméra qui, filmant le bizarre, l'ambigu, le choquant, ne se fait jamais voyeuse de fantasmes adultes mais garde une impassibilité pleine d'humour devant ces jeux d'enfants impénétrables. Ensuite un joli culot pour aborder les scènes « infaisables » au risque de frôler le ridicule mais aussi de transmettre une émotion troublante, grâce à deux jeunes acteurs qui se jouent des périls emmêlés de la situation et de l'inexpérience. On sera épaté enfin par des décors d'une justesse laconique qui mélangent les parodies de cabaret et l'hiératisme des « Visiteurs d'un soir » (On peut parler de style "David Rochline".). Saluons légèrement cette pochade-surprise dans un cinéma français qui patauge si volontiers entre le look-pub et la guignolade.

Ph.C.

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